L’or a changé de dimension. Après avoir atteint un sommet historique de 5 594,82 dollars l’once en janvier 2026, le métal précieux a corrigé, revenant autour de 4 325 dollars à la fin septembre. Pourtant, l’intérêt des investisseurs ne disparaît pas. Bien au contraire : les ETF adossés à l’or ont enregistré 18 milliards de dollars d’entrées en août, tandis que leurs réserves physiques atteignaient un record de 4 189 tonnes.
Pourquoi continuer à acheter un actif qui a déjà autant progressé ? Le prix n’explique pas tout
L’une des particularités de l’or est qu’il ne repose pas sur les mêmes critères de valorisation qu’une action ou une obligation. Il ne verse ni dividende ni coupon. Son intérêt dépend donc largement de la perception que les investisseurs ont de son rôle dans un portefeuille.
Et ce rôle a changé avec le contexte économique. Les inquiétudes autour des finances publiques, des monnaies, des tensions géopolitiques et de l’évolution des taux ont renforcé l’intérêt pour un actif considéré comme une réserve de valeur et un instrument de diversification.
Le World Gold Council souligne d’ailleurs que les achats d’ETF ont fortement contribué à la hausse d’août, avec des entrées particulièrement importantes en Europe et en Amérique du Nord.
Les banques centrales continuent de jouer leur carte
En juillet, leurs achats nets déclarés ont atteint 23 tonnes. La Chine a acheté 20 tonnes et la Pologne 8 tonnes, tandis que les achats cumulés depuis le début de l’année atteignaient environ 130 tonnes.
La Banque populaire de Chine a encore accéléré en août avec un achat de 20,2 tonnes, portant à 22 mois consécutifs sa période d’accumulation. Ses réserves d’or atteignaient alors 2 387 tonnes.
Ces achats ne constituent évidemment pas une garantie de hausse pour les investisseurs particuliers. Ils montrent cependant que l’or conserve une fonction stratégique au-delà de la simple spéculation sur son cours.
Les ETF changent aussi la façon d’investir
Autre évolution importante : l’investisseur n’a plus besoin d’acheter directement des pièces ou des lingots pour s’exposer au métal. Les ETF adossés à l’or ont pris une place considérable. En août, leurs encours mondiaux ont atteint 615 milliards de dollars, après une progression mensuelle de 16 %. Les avoirs physiques ont également atteint leur plus haut niveau historique.
Cette facilité d’accès peut toutefois accélérer les mouvements de marché. Lorsque les investisseurs entrent massivement, la demande augmente rapidement ; lorsqu’ils sortent, le mouvement peut s’inverser tout aussi vite.
Un actif qui reste difficile à acheter après une envolée
Le fait que l’or conserve des arguments structurels ne signifie pas que son prix soit toujours attractif. Après son record de janvier, la correction rappelle qu’un actif très recherché peut également connaître des mouvements violents.
L’investisseur doit donc distinguer deux questions : l’or peut-il conserver une place dans un portefeuille ? et son prix actuel justifie-t-il un nouvel achat ?
Ce sont deux problématiques complètement différentes.
L’or peut continuer à jouer un rôle de diversification tout en exposant l’investisseur à un risque de perte s’il entre après une forte hausse. Il ne produit par ailleurs aucun revenu régulier susceptible de compenser une longue période de stagnation.
L’or n’est donc plus seulement une valeur refuge
Le succès actuel du métal précieux raconte finalement quelque chose de plus large sur l’investissement.
L’or est recherché à la fois pour son image de réserve de valeur, pour son rôle potentiel de diversification et parce que certains investisseurs souhaitent réduire leur dépendance aux actifs financiers traditionnels.
Mais son parcours en 2026 rappelle également une règle essentielle : un actif peut être recherché pour de bonnes raisons et devenir simultanément difficile à acheter à un prix raisonnable.
Pour l’investisseur, le véritable sujet n’est donc plus seulement de savoir si l’or reste attractif. Il consiste à déterminer quelle place lui accorder, à quel prix et avec quel horizon.
Particuliers : attention à l’effet « valeur refuge »
Pour un particulier, l’or ne doit pas être considéré comme un placement sans risque. Son cours peut fortement fluctuer et une hausse passée ne garantit en rien une progression future. Il faut également tenir compte des frais d’achat et de conservation pour l’or physique, des frais de gestion pour certains produits financiers et, selon le pays, de la fiscalité applicable.
Voir aussi – Investissement : pourquoi l’or attire encore malgré des prix records
Surtout, acheter de l’or après une forte progression parce que l’on craint de manquer une nouvelle hausse revient à prendre une décision sous l’effet du marché. Une éventuelle exposition à l’or doit être appréciée en fonction de sa situation financière, de son horizon d’investissement, de sa capacité à supporter une baisse et de la diversification globale de son patrimoine. Les informations présentées ici sont générales et ne constituent pas un conseil financier personnalisé.


