L’EU-Inc n’est pas une simple proposition administrative, ais plutôt une révolte intelligente. Lancée en octobre 2024 par des fondateurs et investisseurs frustrés, cette initiative a explosé. Elle compte aujourd’hui plus de 23000 signatures. Parmi elles, Patrick Collison de Stripe, Arthur Mensch de Mistral AI, ou Anton Osika de Lovable. Des centaines de fonds d’investissement la soutiennent aussi.
Un mouvement porté par plus de 23000 signatures
Ursula von der Leyen a officialisé le projet à Davos en janvier 2026. Le message était clair : créer une entreprise en ligne en 48 heures dans n’importe quel État membre. Cette annonce transforme une pétition grassroots en priorité politique.
Le cauchemar bureaucratique actuel
Imaginez créer une startup à Berlin. Vous voulez recruter à Barcelone. Embaucher à Varsovie. Lever des fonds à Paris. Résultat ? Vous naviguez dans 27 systèmes juridiques différents, vous multipliez les entités locales. De plus, vous payez des avocats dans quatre pays. Les stock-options ? Un casse-tête fiscal sans fin.
Les entrepreneurs doivent créer plusieurs entités pour opérer transfrontalière, chacune avec ses règles distinctes . Cette fragmentation tue l’élan. Elle favorise les géants installés aux dépens de l’innovation. Les capital-risqueurs européens restent confinés dans leurs frontières nationales. Pendant ce temps, certaines startups européennes s’incorporent au Delaware pour éviter cette complexité.
Le 28ème régime décodé
L’EU-Inc crée une 28ème option juridique. Un statut unique valable dans toute l’Union. Une incorporation digitale standardisée. Des règles harmonisées pour la gouvernance, les levées de fonds, les options d’achat d’actions.
Les fondateurs pourront créer leur entreprise en 48 heures via un portail unique au niveau européen. Un seul registre. Avec un seul ensemble de règles et une reconnaissance automatique dans les 27 États membres. Les investisseurs américains adorent la Delaware C-Corp pour sa prévisibilité. L’EU-Inc vise la même simplicité à l’échelle continentale.
Les bénéfices concrets pour les startups
La vitesse change tout. Moins de temps en paperasse signifie plus de temps pour construire le produit. Les startups pourraient économiser jusqu’à 50% de coûts administratifs en évitant les incorporations redondantes. Les levées transfrontalières deviennent fluides. Les investisseurs comprennent immédiatement la structure capitalistique.
L’EU-Inc standardise aussi les stock-options pour tous les employés européens. Actuellement impossible. Demain, naturel. Cette harmonisation attire les talents qui hésitent face à la complexité fiscale actuelle.
Les obstacles politiques à surveiller
La Commission prévoit de publier sa proposition législative au premier trimestre 2026. Ensuite, le Parlement européen et le Conseil composé des 27 gouvernements nationaux devront s’accorder sur les détails législatifs. La mise en œuvre finale interviendrait en 2027.
Chaque État membre défend ses prérogatives. Les barreaux nationaux s’inquiètent pour leurs revenus. Les régimes fiscaux divergents compliquent l’harmonisation. L’EU-Inc propose un opt-in, pas une obligation. Cette souplesse facilite l’adoption politique.
L’urgence stratégique pour l’Europe
L’Europe compte 217 licornes, menées par Revolut avec une valorisation de 75 milliards de dollars. Impressionnant, mais insuffisant. La Silicon Valley en produit davantage avec moins de friction réglementaire. La Chine aussi.
Voir aussi: Bilan des plateformes européennes de crowdfunding en 2025
La stratégie européenne Startup et Scaleup adoptée en mai 2025 prévoit un triplement du budget du Conseil européen de l’innovation. Les capitaux arrivent et le cadre juridique doit suivre. Sans EU-Inc, les talents européens continueront de s’expatrier. Les investisseurs étrangers resteront méfiants face à la complexité.
L’EU-Inc transforme la diversité européenne de faiblesse en force. Elle maintient les spécificités culturelles tout en créant un langage business commun. C’est l’essence même du projet européen appliquée à l’entrepreneuriat.




